Toutes deux monitrices, nous travaillons tous les jours sur les skis et les journées de ski plaisir pour nous se font plus rares… Nous avions pris une semaine de congés en Janvier pour justement profiter. Il fallait exploiter les journées à fond !!! Et cela même si les conditions n’étaient pas extraordinaires…
Le dernier jour de cette semaine ski plaisir, la météo n’est pas vraiment au rendez-vous mais on se botte les fesses pour quand même aller faire quelque chose. On met donc de côté nos plans de couloirs et de pentes raides et on opte pour des hors-pistes de proximité à côté de la maison.
Et là encore nous nous faisons avoir sur un hors-piste classique sans grande difficulté. On prend le temps d’aller discuter avec les pisteurs qui avaient fermé un secteur trop risqué, mais pour eux notre itinéraire ne semble pas poser trop de soucis si on évite d’aller chatouiller les grosses corniches. Le risque d’avalanche était ce jour-là de 3/5. Le temps est un peu couvert, mais de belles éclaircies ne sont pas loin… On se lance donc sur cette arrête à pied.
Plus on monte, plus le temps se bâche… Et sur ce genre d’itinéraire, un peu en escalade, il est toujours plus facile de monter que de faire demi-tour et redescendre ce qui nous pousse à ne pas rebrousser chemin. On s’entête et continuons jusqu’au sommet en attendant cette éclaircie qui ne viendra jamais… On avance à l’aveuglette et on voit à 1m pas plus…
Arrivées en haut, on chausse en espérant vite se sortir de ce brouillard épais en redescendant.
Nous sentons le manteau très instable, formant de belles plaques en surfaces. Nous sommes collées à notre Crosscall sur l’appli Iphigénie pour suivre absolument les pentes à moins de 30 degrés.
Mes premiers virages se font la main sur la poignée de mon sac Reactor Arva. Cette sensation de peur est horrible, je regarde Laura prête à dégainer mon DVA et mon téléphone pour appeler les secours.
Elle arrive jusqu’à moi, un simple regard nous suffit pour comprendre et savoir que nous sommes vraiment en train de faire une connerie… Au même moment elle avance pour analyser une autre pente et là elle met les skis dans une énorme gueule de baleine. C’est décidé on remet les crampons et on refait tout le chemin à l’envers, mais nous rentrerons chez nous ce soir.
L’ambiance dans ce brouillard en montagne est très glauque, la désescalade est un peu périlleuse mais nous savons que nous avons fait le bon choix. C’était trop la roulette russe de descendre à skis de l’autre côté.
Une fois de plus nous retiendrons qu’il n’y a pas de petits hors-pistes de proximité et que c’est bien souvent sur ceux-ci que les accidents arrivent car moins de vigilance. Surtout il ne faut pas oublier que le temps change à une vitesse de dingue en montagne.
La même situation avec de la visibilité aurait été complètement différente.